Le pardon

  Extraits du livre de Jean Monbourquette

 

    

Les 12 étapes du pardon

Première étape : la décision

Ne plus accepter le chemin de la vengeance pour régler une situation d'injures, de blessures, de trahison. C'est très important que cette décision soit prise avant que l'offense arrive. Lorsque l'offense arrive si cette décision n'est pas prise, vous allez pensez immédiatement à cet aspect de vengeance et vous allez en prendre le chemin....

Quand je me sens déprimée quand quelque chose ne va pas je me dit Jean, qu'est-ce qui ne va pas? Tu as été blessé. Qu'est-ce que tu fais de cela? Est-ce que tu te victimises?, est-ce que tu entretiens une sorte de vengeance passive à l'intérieur de toi? J'essaie de me saisir de cet élan que je pourrais avoir de me venger des personnes.

L'autre élément de la première étape est très important. C'est de faire cesser l'offense. Vous ne dépensez pas d'énergie dans le pardon tant que la personne perpétue son offense sur vous. Pour moi c'est une autre décision dans ma vie....

Le pardon doit commencer par un acte de courage qui consiste à faire cesser l'offense. Tant que la personne vous offense, vous ne mettez pas votre énergie dans le pardon. Vous savez que vous allez lui pardonner éventuellement. La pemière énergie à déployer c'est pour qu'elle arrête cette offense. Ce n'est pas facile....

 

Deuxième étape : reconnaître l'offense

Reconnaître que l'on a été blessé intérieurement. Lorsque l'on a souffert d'une injustice, d'une trahison, lorsque l'on a été insulté, lorsque l'on a été malmené, trahi, il y a une première tendance, c'est d'excuser la personne, d'oublier, de vouloir minimiser la faute ou alors de croire: l'autre m'attaque, mais c'est moi qui me sens coupable dans cette situation là.

Il faut redresser cette situation-là et rentrer en contact avec cette blessure intérieure. Ce n'est pas si facile que cela. Nous avons des mécanismes de défenses qui nous empêchent de vouloir trop souffrir et à ce moment là on va faire toutes sortes de manoeuvres pour ne pas rentrer en contact avec cela. On va essayer d'excuser l'autre personne, on va essayer de lui pardonner rapidement, beaucoup trop rapidement. Je connais beaucoup de gens qui ont pardonné trop vite sans respecter ce qui se passait à l'intérieure d'eux-mêmes. Il faut respecter sa souffrance, rester en contact avec elle.

Troisième étape : partager avec quelqu'un.

Une fois que vous êtes en contact avec votre blessure intérieure, allez en parler avec quelqu'un, allez l'objectiver avec une personne. Tant que l'on a pas exprimé cette blessure, le danger est qu'elle s'en aille d'une manière inconsciente dans votre vie.  A ce moment là on reste blessé. Les personnes qui viennent me voir en tant que psychothérapeute ont de l'anxiété, sont mal dans leur peau, déprimé et c'est grâce à la parole que l'on arrive à les libérer.

Il y a quantité de personnes qui se promènent dans la vie, toutes fragmentées, pas réconciliées. Ce sont de grandes blessures et c'est souvent dans leur relation avec une autre personne que ca peut sortir.

L'essentiel serait d'aller voir son offenseur, de le regarder dans les yeux et de lui dire : quand tu as fait telle chose, je me suis senti comme ca: ....  . C'est un risque à prendre parce que la personne peut dire ah! c'est ton problème. Mais je peux vous dire que depuis un certain temps, quand je fais cela, la plupart des gens me disent ah!, je n'ai pas voulu te faire mal, j'étais fatigué.

 

Quatrième étape: très bien identifier ta blessure

Très bien identifier ta blessure pour être capable de faire le deuil de nos attentes vis-à-vis des personnes. Certaines personnes ont tendance à se victimiser, à exagérer les blessures qu'on leur a faites. C'est important de ne pas se victimiser mais de savoir exactement ce que l'on a perdu dans cette blessure là. Dans les livres que j'ai lu sur le pardon, on ne parle jamais de deuil, mais dans tout pardon, il y a un deuil à faire par rapport aux attentes que l'on avait vis-à-vis de quelqu'un.

Si vous jouez à la victime vous ne pourrez pas pardonner. C'est pour cela qu'il est important d'en parler à quelqu'un pour pouvoir être capable de cibler exactement ce qui a été touché, être capable de bien cerner pour être capable de faire le deuil. Faire le deuil, c'est pouvoir pleurer la situation, la laisser partir. Donc savoir cibler exactement ce qui a été touché en nous dans l'offense subie: ce n'est pas toujours matériel ou psychologique mais plutôt la symbolisation qu'on fait de l'offense. C'est différent pour toutes les personnes. Vous allez avoir deux personnes qui ont subi la même offense, elles n'auront pas mis la même valeur à la même place. L'offense est quelque chose de subjectif.

Cinquième étape : la colère

Qu'est-ce que je fais avec la colère qui est suscitée en moi ? Il y a des personnes qui retournent leur colère contre elles-même. D'autres vont déplacer la colère et la voir chez les autres. La colère est un second sentiment par rapport à la blessure... Derrière la colère, il y a une blessure, une frustration et c'est ce qu'il faut aller chercher.....

S'il n'y a pas une purgation des différentes émotions, la tristesse, la colère, la frustration, la personne ne guérira pas. Pour exprimer corporellement votre colère, vous pouvez tapez dans des coussins, faire des exercices corporels fatiguants. Dans l'émotion il y a le mot (motion) qui suggère le mouvement. Pour la tristesse c'est les pleurs. Les femmes ont plus d'accès aux pleurs que les hommes. Pour pleurer il faut être capable de régresser un peu.

 

Sixième étape : se pardonner à soi-même

C'est une très mauvaise expression parce que l'on est incapable de se pardonner à soi-même. Ce qui est important c'est de réharmoniser sa vie. Quand on est blessé on se fragmente. Il faut rétablir l'unité à l'intérieur de soi. Comment refaire cet unité intérieure? Toutes les fois qu'on vous blesse, il y a une partie de vous qui devient agressée et une autre partie qui devient agresseur.

Se guérir c'est refaire l'unité entre ces deux parties-là. Arrêter de s'agresser intérieurement. Il faut harmoniser les différentes parties de soi: la partie victime, celle qui souffre qui a été atteinte, l'autre qui a été contaminée et qui est devenue agresseur à l'intérieur de vous. La partie qui a été contaminée est la partie qui voulait vous défendre, qui voulait survivre. Il y a donc une partie de vous qui vous agresse et une autre partie qui souffre. C'est important de reconnaître ces deux parties. Quand on les a bien regardées, peu à peu on les laisse se rejoindre....

Toutes les fois que vous avez une antipathie que vous êtes incapable de vous expliquer, dites-vous qu'il y a une fragmentation à l'intérieur de vous et que vous en projetez un morceau sur cette personne.

Septième étape: comprendre son offenseur

Comprendre ne veut pas dire excuser son offenseur. Si l'offenseur est responsable de ces actes, on ne peut pas l'excuser. Mais en essayant de comprendre comment il a été éduqué, quelles sont les blessures qu'il a eu dans sa vie, cela nous aide à avoir un pardon plus intelligent. On ne peut pas tout comprendre de l'offenseur, mais on peut s'expliquer des choses. Il faut essayer de comprendre ce qui l'a poussé à commentre un tel acte.

 

Huitième étape : donnez un sens à sa blessure

Ce n'est pas évident au départ que cette blessure là va me faire grandir. Mais je peux vous dire qu'une grande blessure qui m'as pris trois ans à pardonner m'a lancé sur une piste à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Comment se fait-il que je me sois lancer dans le pardon? C'est le sens que je donne à ma blessure, à mon tour d'être d'aider les autres à pardonner.

 

Neuvième étape: renoncer à pardonner par soi-même

Le danger c'est de vouloir pardonner  pour manifester sa supériorité envers l'autre. On ne pardonne pas aux autres. On se laisse prendre par le pardon.

 

Dixième étape: cessez de vous acharner à vouloir pardonner

Le vrai moteur pour le pardon, c'est de se savoir aimer profondément, inconditionnellement de Dieu. Si vous vous sentez aimé profondément vous allez être capable de pardonner. Quelqu'un qui ne se sent pas aimé, est-il capable d'aimer les autres?

C'est pour cela qu'au départ de votre capacité à pardonner, il y a d'abord ce sentiment très profond que : moi malgré mes lacunes, mes manques, mon péché, mes difficultés, mes égoismes, j'ai été aimé inconditionnellement. C'est cette conscience d'être aimé inconditionnellement qui va être le moteur de votre générosité dans le pardon. Celui qui se sait aimé profondément, le pardon de Dieu va passer au travers de lui comme un écho.

Onzième étape: s'ouvrir à la grâce de pardonner

Les personnes qui sont incapables de se pardonner, sont incapables de pardonner aux autres.

Les personnes qui sont incapables de recevoir le pardon de Dieu, de se sentir aimées pour elles-mêmes sont incapables de se pardonner à elles-mêmes et de pardonner aux autres personnes. C'est beaucoup plus facile d'être généreux et de donner des choses que de se laisser aimer parce que ce laisser aimer cela suppose qu'on se rende disponible à l'autre. La plupart des personnes sont incapables de recevoir le pardon gratuit de Dieu parce qu'elles passent dans la vie en disant la gratuité n'existe pas...

Il n'y a rien de plus difficile que de recevoir quelque chose d'une manière gratuite. On a toujours l'arrière-pensée qu'il y aura quelque chose à payer. Quand vous entrez dans un régime de pardon, vous entrez dans un régime d'abondance, vous entrez dans un régime de générosité, vous entrez dans un régime de démesure. Il n'y a pas de rationalité possible là-dedans. Il n'y a que des fous qui sont capables d'aimer comme Dieu à aimer, de pardonner comme Dieu pardonne.

Douzième étape : que faire de la relation avec la personne?

Est-ce que je me réconcilie avec la personne? Dans certaines situations, il est mieux qu'il n'y ais pas de réconciliation physiqu, si la personne n'a pas changé, si elle peut vous agresser, vous faire du mal....

Si tu te réconcilies avec la personne, la relation ne peut plus revenir comme avant. Lorsque qu'il y a eu blessure entre deux personnes, le seul chemin c'est l'approfondissement de l'amour entre ces deux personnes. C'est le seul chemin possible et pour moi il y a un vieux principe qu'un amour qui n'a pas souffert est un amour qui manque de profondeur...

Et là, il se passe quelque chose. Quand on peut souffrir ensemble et accepter cette souffrance-là, il y a une sorte d'approfondissement. Ils communient dans une souffrance commune où ils acceptent de souffrir sans blâmer l'autre personne, sans l'accuser. Là, je m'apercois que la réconciliation c'est faite dans l'amour qui c'est approfondie dans une souffrance commune où on a pris  ses responsabilités et où on a accepté de compatir à la souffrance de l'autre.

 

 

 

Jean Monbourquette.

 

 

  Le pardon n'est pas l'oubli.
Souvent les gens disent : "Allez, trace un trait, tourne la page, dans peu de temps tu ne t'en souviendras plus.". Les professionnels de la psychothérapie savent combien on n'oublie jamais. Les blessures dites "oubliées" ont été enfouies dans l'inconscient et elles continuent de travailler les personnes (voir: effets désastreux du non-pardon). On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être capable de les traiter. Pardonner ne veut pas dire oublier, cela veut dire cicatriser. On pourra se souvenir de l'événement mais l'on n'aura plus de ressentiment intérieur. Une cicatrice ne fait plus mal. C'est ce qui arrive lorsqu'on pardonne : on ne souffre plus.
* Le pardon ne signifie pas excuser.
Excuser veut dire qu'on ne tient pas l'offenseur pour responsable de ses actes. On a tendance à lui trouver des circonstances atténuantes. On explique son geste ou ses paroles par la connaissance de sa vie. On minimise ses actes ou ses paroles. Bref, on le protège et on nie le mal qui nous a été fait. Mais une faute n'est pas excusable, quand bien même on peut l'expliquer. Une faute nécessite le pardon. Saviez-vous d’ailleurs que lorsque Dieu se présente à Moïse, il se présente comme Le miséricordieux, celui qui pardonne, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent ?
* Le pardon n'est pas synonyme de réconciliation.
Encore une fausse idée ! Qu'est-ce qui établit et maintient une relation ? La confiance mutuelle. Si la confiance est trahie, elle ne peut revenir par simple décision de la volonté. La confiance se gagne, se mérite, se construit, en l'occurrence doit se reconstruire. Deux amis qui se blessent sévèrement ne peuvent pas décider que tout va continuer comme avant, d'un claquement de doigt. Réconciliation et pardon ne sont pas identiques. La réconciliation est une suite du pardon, à souhaiter, mais ce n'est pas systématique. À la suite d'une blessure, il faut décider : est-ce que je continue cette relation ? Est-ce que je peux l'approfondir ? Sinon, elle s'arrêtera, tout simplement, car elle a été rompue.
* Le pardon ne s'impose pas.
Le pardon est un acte d'amour : "par don". La personne qui pardonne doit demeurer libre de son choix. Obliger quelqu'un à nous pardonner, c'est lui dire : "je veux que tu m'aimes malgré les vacheries que je t'ai faites". On peut le souhaiter et le demander. On ne peut contraindre l'autre à le faire. Sinon ce n'est plus un pardon.
* Le pardon n'est pas une démission de ses droits.
Le pardon ne vient pas éliminer la justice. Un voleur pardonné n'est pas dispensé de rendre son bien à autrui. Le pardon n'enlève pas non plus les conséquences d'un acte ou d'une parole malheureuse. Pardonner un meurtrier ne ramène pas à la vie la victime. Le pardon n'est pas un acte de justice. C'est une démarche d'amour pour la réhabilitation de l'offenseur, de son être. C'est le dissocier du mal qui l'habite et qui l'a conduit à mal agir, et ne pas le condamner avec.
* Le pardon ne change pas l'autre.
Quand on pardonne, quelque chose d'extraordinaire se passe, qui nous guérit et nous libère. Mais il ne faut pas pardonner en pensant que c'est ce qui va faire changer l'autre. L'offenseur pourra prendre conscience de sa conduite et changer de comportement et d'attitude intérieure. Mais on n'a pas de pouvoir sur l'autre, qui reste libre et responsable de reconnaître ou non sa faute.

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 http://francinebeland.e-monsite.com/pages/la-spiritualite/le-processus-du-pardon-exercice.html

 SOURCE: http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=988&n1=1&n2=46&n3=92

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 http://francinebeland.e-monsite.com/livredor/

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