La nuit noire de l'âme

La Nuit noire de l'âme : tentative de définition de la notion


La Nuit noire de l’âme, c'est une une sorte de « crise spirituelle », qui s’apparente à une depression. Contrairement à celles ci, souvent, les nuits noires de l’âme ne sont pas liées à un événement particulier mais à un "état d'esprit général" sur la vie et le monde. Les symptômes semblent être un peu différents également. Vous êtes capables de fonctionner normalement au quotidien avec parfois des baisses de régime où la seule issue est de rester allongée et d’attendre que ça passe (quelques heures, une journée…), puis ça « va mieux ». Au bout d’un moment, on s’est habitué à ces nuits noires de l’âme. On n'est pas au top de sa forme mais on s’y fait, on reste soi. Il y a « simplement », un mal-être, un mal de vivre, une impression de n’être plus grand chose. On fonctionne en mode automatique au quotidien alors qu’à l’intérieur c’est un chaos sans nom. 

On pense que l’on est en dehors du chemin, qu’on a pris un mauvais virage et qu’on s’est écarté de nous-mêmes, écarté du chemin spirituel. On en vient à penser que le chemin que l'on empruntait jusqu'alors n’était qu’une illusion et que la vie matérielle / physique n’est que la seule qui existe. 

De la lumière à l'ombre


Ces nuits noires arrivent souvent après un éveil spontanée. Certaines sources parlent de l’éveil de la kundalini. Comment se "matérialiste" cet éveil ? Pendant un certain temps, finalement assez court, vous êtes complètement sur une autre planète, dans un état extatique, de bonheur incroyable. Comme si l’égo n’était enfin qu’un lointain souvenir et que tout était lumière et joie. A cette période là, j’étais intenable. J’ai vécu ça en 2011, pendant quelques semaines. Tout était merveilleux, source de joie. Je rigolais tellement, je ne prenais plus rien au sérieux. Je continuais à faire joyeusement les choses que je devais faire, comme aller à l’école, mais je ne m’impliquais pas du tout, j’étais tellement contente que je n’avais plus à rien à chercher, et notamment pas les connaissances à l’école ou les bonnes notes. Ca me paraissait tellement dérisoire par rapport à ce qu'était la vie (alors que je suis quelqu’un de très studieux à la base) ! 

Puis, cette période se termine. Vous ne comprenez pas ce qu’il se passe. Vous pensez que vous avez fait quelque chose de mal. Moi, je pensais que j’avais trop profité de ces moments, que j’aurai dû méditer, faire plus attention à moi, aux autres, que j’avais trop pris de plaisir dans cet état. Et que d’une certaine façon, j’étais un peu punie pour être montée si haut, si vite. Qu’on m’avait donné un bout d’éveil puis qu’on me l’avait repris, parce que finalement je n’en étais pas digne. 

Depuis quelques années, je suis donc dans cette période de nuit noire. Le problème dans cette période c'est que l'on n'est pas capable de voir la « plus grande image » (c'est la meilleure traduction de "bigger picture" que j'ai trouvé :), on n’est pas capable de prendre du recul. 

 

La Nuit Noire de l'Âme : c'est quoi ? Et ça sert à quoi ?

 

Qu'est ce qu'on ressent durant une Nuit Noire ?

 

L’ancien nous n’est plus et ou le futur nous n’existe pas encore.


C’est un moment où l’on doute de tout, où l’on a plus la foi. Où on se dit qu’on s’est fait floué dans cette quête spirituelle. Que ça nous a éloigné de la vraie vie, qu’on s’est menti à soi même et qu’on nous a menti. On en vient à dénigrer un peu le chemin spirituel, on n’est plus intéressée (tout en enviant un peu ceux qui y ont trouvé de vrais réponses). 

Si jamais on se dit qu’on va peut être s’y remettre, les outils ne fonctionnent plus comme ils fonctionnaient à l’époque. La méditation, on ne sait plus ce que c’est, on n’y arrive plus. La prière est dure à tenir, on ne croit même plus à ce qu’on dit, on espère plus ou moins mais avec une certaine forme de cynisme.

On a envie de fuir cette période de doute qui est tellement similaire à des sentiments de dépression. On a envie de retourner à ce moment où on était dans ce bonheur sans nom, on passe son temps à se dire « pourquoi c’est fini ? pourquoi je n’y arrive plus ? ». On a perdu toute connexion. Au soi supérieur, au divin, aux guides…On ne peut plus communiquer avec aucune entité ou partie de soi qui nous reliait vraiment à la source, à l’univers. Même notre âme semble nous avoir abandonné comme une vieille chaussette parce qu’elle a trouvé mieux à faire que de s’occuper de nous, qu’on est pas digne d’intérêt. Il ne reste donc plus que l’égo. L’égo qui devient tout puissant. Notre mental tourne sans arrêt, on devient fou. On manque d’amour. On manque d’amour pour soi et pour tout le reste.  On finit par détester tous ceux qui nous empêche ou nous ont empêché d’être cette pure lumière qu’on a eu l’impression d’être pendant une courte période. On ne trouve plus aucun intérêt à rien, mais on le fait quand même. L’égo est donc le seul maître à bord et il est content d'être malheureux. Il se dit que tout ça n’était qu’un leurre et qu’on est quand même plus en sécurité dans le monde « réel », à poursuivre des objectifs matérialistes, comme tous les autres, qui semblent finalement s’en sortir mieux que nous alors qu’ils ne se sont pas posés la moitié des questions que nous on s’est posées. L’égo est tout ce qu’il reste de notre identité

Dans le même temps, les autres lois cosmiques continuent quand même de fonctionner. La loi d’attraction par exemple s’execute correctement, malgré quelques couacs durant la période, vous arrivez quand même à manifester des trucs sympas ! Et ca devient presque un problème parce que personne ne comprend pourquoi vous vous sentez mal comme ça. Vous allez voir une amie, vous dites « je sais pas, je le sens pas, j’en ai marre, je me sens mal, je sais pas pourquoi, tout est nul, ça sert à rien… » et en face la personne vous dit « mais pourquoi ? t’as tout pour être bien ! Tout va bien, t’as un copain cool, un appart sympa, un boulot qui te prend pas la tête, tu as plein de nouvelles activités…t’as une vie cool Fanny ». Donc de quoi vous mettre bien :) 

On ne se sent pas appartenir à la planète Terre, le matériel nous semble nul même si parfois on se dit que ce serait la réponse que de fuir dans le matériel. Et on ne se sent plus non plus dans une quelconque spiritualité, pas comme on l’a été en tout cas. C’est un No Man’s Land, vécu et observé par un égo lourd et apeuré. 

 

Qu’est ce qu’il se passe vraiment durant une Nuit Noire de l'âme ?


Dans le même temps, l'égo se met lui même face à ses plus grandes peurs : on se retrouve dans des situations dont on n’avait pas du tout envie. On ressent des trucs assez pénibles qui remontent à la surface. Ces dernières années, j’ai eu la sensation que tout ce que je pensais « terminé » s’est révélé en réalité d’autant plus puissant. 

J’ai été confrontée à des peurs qui remontaient à loin : celle d’être manipulée, qu’on profite de moi, qu’on absorbe littéralement ma personnalité et que je ne devienne qu’un objet, celle d’être seule et abandonnée de tous en me retrouvant dans une ville seule, loin de tous, à m’ennuyer. Celle d’avoir l’impression d’avoir « une vie à la con » (telle que je la conçois personnellement), c’est à dire vivre au boulot pour acheter des vêtements et payer des factures. Etc. Etc. Je vais pas tout détailler parce que tout s’est présenté durant ces quelques années (et je sais que je suis encore dedans, la preuve, je suis présentement en train de mentaliser cette expérience). 

En fait, ce qu’il se passe réellement, c’est, comme le disent les anglo saxons, une sorte de « detox spirituelle ». En vivant une première période d’éveil de kundalini, on se retrouve bien haut et bien loin, ce qui permet d’avoir une avant-première personnelle de ce que peut être la vie. On retombe ensuite très bas. On équilibre cette nouvelle énergie retrouvée en se débarrassant des trucs enfouis bien loin. Ces moments où plus rien n’a de sens, où l’on devient fou, où le mental nous bouffe toute énergie un peu funky, il y a un vrai travail qui se fait.

On a l’impression qu’on a déserté le chemin spirituel alors qu’en réalité on est en plein dedans. On se nettoie.


L’objectif ultime est la dissolution de l’égo.

 

Quoi faire pour s'en sortir ?


Donc, rien. L’égo aime pas beaucoup ça mais y’a pas grand chose à faire. Vous pouvez pas retourner dans votre vie d’avant meme si parfois vous êtes tenté parce que ça a quand même lair plus confortable, mais c’est juste pas possible, de toute façon vous y arriverez pas, ça ne vous rendra pas mieux. Mais vous ne pouvez plus non plus être immergée dans quelque chose de complètement spirituel, tout simplement parce que vous n'y croyez plus trop, vous le vivez plus comme vous le viviez avant. Donc il n’y a simplement rien à faire. Ce serait un comble de dire qu’il faut lâcher prise : on ne peut pas décider de lâcher prise. Ca lâche prise ou pas, ça se décide pas. Le chemin est juste et bon. Ca prend du temps, vous allez comprendre progressivement (comprendre pas dans le sens mental) que la seule chose à faire est de s’abandonner. Moi pour l’instant, parce que je ne suis pas un exemple, j’ai compris avec mon mental qu’il fallait que je lâche prise sur cette période. Mais je ne le fais pas encore (j'attends, donc). 

 

La résistance est ce qui va faire que cette période sera plus ou moins longue. On va résister parce qu’on veut tellement retourner à l’épisode précédent. On va résister parce qu’on ne sait pas où on va. On va résister parce qu’on a pas envie d’être confrontée à toutes ces peurs. On va résister parce que la sécurité du connu nous soulage plus que la question de l’inconnu. On va résister parce que..c’est pénible d’avoir envie de rester chez soi à fixer le mur en se posant des questions existentielles. On a quelque chose dans notre tête qui nous dit que c’est pas normal d’être dans cette énergie pénible et basse. 

C’est une période où l’on apprend la compassion, l’humilité, l’amour inconditionnel de soi et des autres. Voilà les leçons…on n’apprend pas ça par la force intellectuelle, mais par l’expérience, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’apprendre ça. 

Progressivement, je commence à ressentir de la gratitude. Parce que je vois la plus grosse image, ça commence à avoir du sens, à être finalement une belle période. J’arrive à commencer à voir cette période « noire » comme étant quelque chose de…exceptionnel. Mais là encore, je sais qu’il s’agit de l’égo spirituel (qui est juste tellement le plus fort) parce que celui ci se sent tellement content et soulagé de voir que ça va bientôt se terminer et que peut être après cette période il va pouvoir de nouveau se sentir bien et être dans cet état « waouh ». 

Certaines sources disent que les personnes qui vivent ces nuits noires de l’âme sont finalement en train de se préparer pour vivre leur destin, souvent lié justement à la spiritualité. Je ne sais pas trop. Mon égo spirituel a envie d’y croire, mon égo normal de ma nuit noire qui croit plus au chemin dit que c’est n’importe quoi. 

C’est être face à ce quelque chose qu’on ne connaît que très peu qui est perturbant : laisser la place à son soi supérieur, c’est une toute nouvelle identité…A quoi ça ressemble, le non jugement, la non évaluation, la paix intérieure ?

La Nuit Noire de l'âme est une étape importante, intéressante, difficile et belle à la fois. On n'a plus qu'à apprendre à s'aimer inconditionnelement et à avoir "foi" pour remettre ça entre les mains de l'Univers. Bon courage à vous si vous passez par là ! Et si c'est pas le cas, ce n'est pas non plus une étape obligatoire, beaucoup évoluent sans passer par là :) 

Love Kiss Shine


 

 

 

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